Le Conseil de sécurité de l'Onu a condamné, vendredi 25 septembre, l'offensive des Houthis contre l'Arabie saoudite, au lendemain d'une nouvelle attaque de missiles interceptés par Riyad et sur fond d'intensification des hostilités entre les deux parties.
"Les membres du Conseil de sécurité condamnent dans les termes les plus fermes la poursuite des attaques des Houthis contre le Royaume d'Arabie saoudite, notamment celles visant des infrastructures civiles et énergétiques, qui ont fait des blessés parmi les civils, dont des femmes et des enfants", a déclaré le président en exercice du Conseil, l'ambassadeur de France à l'ONU Jérôme Bonnafont.
Ils réitèrent en outre "leur condamnation des attaques et des menaces visant les navires commerciaux en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb" et "soulignent l'importance de garantir la sécurité des navires marchands et de leurs équipages".
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Les quinze membres du Conseil appellent à "une coopération concrète, notamment avec le gouvernement yéménite, afin d'empêcher les Houthis d'acquérir les armes et matériels connexes, l'assistance technique, la formation, le financement" qui permettent leurs opérations.
Ils réaffirment enfin "le droit inhérent du Royaume d'Arabie saoudite à la légitime défense, conformément au droit international".
Une Incitation Aux Yéménites À Se Mobiliser Contre Les Houthis
Au Yémen, le chef du Conseil présidentiel yéménite, Rachad al-Alimi, a appelé ce même jour à une mobilisation générale face aux Houthis.
"J'appelle les fils de notre grand peuple à s'engager dans la mobilisation générale (...), à se rallier autour de leurs forces armées et de sécurité", a-t-il déclaré dans un discours.
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Il a tendu la main à tous ceux qui feraient défection dans les rangs houthis pour rejoindre le camp du gouvernement, leur promettant une grâce dans le cadre d'une prochaine amnistie.
Appels À Une Aide Internationale
Donald Trump s'est entretenu il y a quelques jours avec Rachad al-Alimi mais ne lui a pas promis de soutien militaire, selon l'entourage du responsable yéménite.
D'après le New York Times, le prince héritier Mohammed ben Salmane, dirigeant de fait de l'Arabie saoudite, a également exhorté le président américain à intervenir et à frapper les Houthis. En vain pour l'instant.
Quant à la Turquie et au Pakistan, liés par un pacte de défense mutuelle avec Riyad, ils n'ont jusqu'à présent pas riposté à l'offensive houthie, même si une rencontre a eu lieu entre les états-majors des trois pays.
De nouvelles attaques contre la ville sainte de La Mecque constitueraient une "ligne rouge" à ne pas franchir pour Islamabad, a prévenu quant à lui, vendredi, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif dans un discours devant l'Assemblée générale de l'ONU.
Ces déclarations interviennent alors que l'Arabie saoudite a intercepté jeudi des missiles balistiques houthis, après avoir émis des alertes concernant plusieurs régions du royaume, dont La Mecque, la ville la plus sacrée de l'islam.
Vive Inquiétude Du Haut Commissaire Aux Réfugiés
Dans l'enceinte du Conseil de sécurité, le Haut commissaire aux réfugiés Barham Salih a par ailleurs jugé l'escalade actuelle "très préoccupante" pour les populations civiles.
"Des dizaines de milliers de personnes ont déjà été déplacées (...), des milliers d'autres fuyant les combats pour trouver refuge à Djibouti et ailleurs", a-t-il dit.
"Face à cette situation, le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) a déclaré une urgence initiale de niveau un pour le Yémen, Djibouti et la Somalie, permettant de mobiliser rapidement des ressources et du personnel afin de renforcer notre réponse, notamment par des aides en espèces, la mise à disposition d'abris et des mesures de protection", a poursuivi Barham Salih.
Avec AFP